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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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La citoyenneté à la une

A Brest, la parole des habitants s’affiche à la une d’une douzaine de journaux de quartier, véritables médias indépendants et néanmoins soutenus par la collectivité. Réalisés par et pour les habitants, ils se font le reflet de l’opinion populaire, de ses réalités, de son engagement dans la vie de la cité. Une initiative unique dans le département.

"Tous ceux que nous avons rencontrés ont été étonnés du succès des journaux de quartier de Brest. Chez eux, cela ne prend pas ", commente Hakima Habibi, chargée d’accompagner les journaux de quartiers pour le compte du service municipal de la démocratie locale.

Le fait est que la Bretagne ne semble pas constituer un terreau véritablement propice à l’éclosion de telles initiatives. En la matière, seule la ville du Ponant tire son épingle du jeu, avec une douzaine de parutions recensées en 2003.



La citoyenneté en marche

" Ailleurs, la politique est différente. Ici, malgré les subventions et le suivi qui est offert aux journaux, ceux-ci gardent une réelle indépendance. La collectivité les subventionne, mais leur laisse toute liberté de ton ", souligne Hervé Lestideau, animateur au service culturel de la Fédération des œuvres laïques, partenaire de la municipalité sur ce dossier. Inutile de chercher la petite bête : il suffit de feuilleter un à un les journaux des quartiers brestois pour se convaincre de la réalité de ces discours. De page en page, les mots des habitants reflètent leurs humeurs, leurs réalités, leurs quotidiens, et c’est bien là l’objet de toute l’opération.

" Ces journaux se situent dans des quartiers visés par le contrat de ville. En donnant la parole aux habitants, on leur permet de se valoriser comme de valoriser leurs quartiers ", rappelle Hakima Habibi. Une volonté qui s’accompagne de moyens sonnants et trébuchants : chaque année, un budget de 30 000 euros est consacré à l’édition et l’impression, tandis que la municipalité finance plus globalement les formations régulièrement dispensées aux équipes. Mise en page, photo… Ou même apprentissage de prise de parole en public : par le biais du journal, c’est l’accès à la citoyenneté qui se met en œuvre. " La formation a permis de voir les journaux évoluer dans leur forme. Mais on voit aussi les gens changer, prendre plus d’assurance, avoir envie de s’exprimer ", se réjouit la jeune femme.

Un modèle appelé à s’exporter
Réunies au sein du collectif des journaux de quartiers, les équipes de rédaction se rencontrent une fois l’an, pour poursuivre un peu plus loin la démarche, échanger leurs pratiques, pérenniser leur action. Une dynamique qui fait des envieux : l’an passé, la ville de Nantes est venue s’inspirer du modèle brestois, pour se lancer à son tour dans l’aventure des journaux d’habitants.

 

Pas de quartier pour l’exclusion
L’avis de la cité n’est pas à proprement parler un journal de quartier. Pour autant, dans la forme comme dans le fond, il participe à l’esprit citoyen de la formule.

Créé en 1996, sous la houlette de l’association Zef communication, ce journal un peu à part est né d’une volonté aujourd’hui encore intacte : celle de se donner les moyens de lutter contre l’exclusion. Composée principalement de personnes en recherche d’emploi, ou même en formation, l’équipe de L’avis de la cité se fait le médium d’un retour à la socialisation. " L’écriture permet de reprendre confiance en soi, de reprendre aussi des relations sociales ", confirme Dominique Massé, l’une des rédactrices.

5 000 exemplaires
Dans les colonnes trimestrielles de ce journal de 12 pages, des infos pratiques sur la ville, des points de vue, mais aussi des sujets sur ce qui fait la vie brestoise. Bref, de quoi refléter la vie de la cité, comme les avis de ceux qui la peuplent. Tiré à 5 000 exemplaires, le journal fait désormais partie des habitudes de lecture de nombreux Brestois qui le retrouvent aussi bien dans les administrations, que dans certains cafés, etc. Seul point noir : le va-et-vient des bénévoles. D’où un appel à toutes les bonnes volontés : " Tous seront les bienvenus, qu’ils aient besoin d’écrire ou tout simplement de renouer des relations sociales ", indique Patrick Le Gall, vice-président et secrétaire de la parution.

Rens. : 02 98 46 09 48/06 16 10 22 51. Réunions de rédaction au local du 63, rue Jean-Macé, le vendredi de 15 h à 17 h.

 

Redécouvrir la vie du Haut des tours de Kérédern

Un petit détour par Kérédern, ou plutôt une vraie incursion dans la réalité d’un quartier par trop (mal) connu des Brestois : au début de chaque période de vacances scolaires (hormis l’été), le Haut des tours de Kérédern vient proposer aux habitants du quartier de " redécouvrir toute la vie de Kérédern ".

En six pages, le journal se donne pour objectif d’informer ses lecteurs sur la face positive des événements qui font vivre le quartier. Et depuis douze ans, toujours alimenté par l’arrivée de nouveaux rédacteurs, le " canard " remplit son rôle. Ici, pas de chef, encore moins de rédacteur en chef : " Nous nous réunissons en moyenne quatre à cinq fois pour faire un numéro de A à Z, depuis la recherche des sujets jusqu’à la mise en page. Et chacun, à un moment ou à un autre, sera amené à écrire ", souligne Josette, l’une des rédactrices. " On s’aperçoit qu’on ne voit pas tous le quartier de la même façon. Ecrire ici, ça permet aussi de mieux connaître le quartier, de faire attention à des choses qu’on ne voyait pas avant ", estime Monique, elle aussi rédactrice.

Outil d’intégration
Basé dans les locaux du centre social de Ty-An-Holl, le comité de rédaction bénéficie des moyens techniques de la structure, ainsi que du suivi d’Anne Roudaut coordinatrice du journal. Pour le reste, chacun, ou plutôt chacune puisque les plumes du canard de Kérédern ne se déclinent pour l’heure qu’au féminin, apporte sa patte pour faire de ces six pages un tout cohérent, un ensemble apte à donner envie aux habitants d’ici de regarder leur environnement d’un autre œil. " Le quartier pâtit d’une sale image qui ne lui correspond plus ! Mais pour faire passer ça… ", soupire Monique. Sandra, elle, avoue volontiers que le journal l’a aidée à s’intégrer dans une cité qu’elle ne voulait pas vraiment connaître. " Je venais d’une cité, à Paris… Avec le journal, j’ai été agréablement surprise : il y a en fait tout un tas de choses qui se passent ici ! "

Certaines donnent leurs recettes, d’autres recueillent les vécus des habitants, d’autres encore se chargent du sujet d’actualité. Conseils de lecture, info sur les événements à venir dans le quartier, mais aussi sur la ville… Les rubriques se suivent et ne se ressemblent pas toujours. Sauf sur un point : l’envie de redorer le blason d’un quartier que tous, au sein du journal, savent bien différent de l’image qu’il traîne depuis trop longtemps.


Et souffle le Vent de Quéli

Mobiliser, faire redécouvrir les secrets du quartier de Quéliverzan à ceux qui y vivent. Après plusieurs mois de pause, faute de rédacteurs, Vent de Quéli reprend du service dans les boîtes aux lettres.

"L’idée était au départ venue de Jordan, un jeune du quartier, qui voulait faire bouger les choses. Et puis, le journal s’est arrêté, mais les gens continuaient de demander quand il allait ressortir, alors… ", rapporte Frédéric Pelé, animateur au centre socioculturel. Alors, quelques bonnes volontés, dont le fondateur du Vent de Quéli, ont remis le couvert depuis la rentrée. Le nouveau numéro est sorti au mois de décembre, et devrait, désormais, être suivi de parutions plus régulières. " Nous ne sommes que quatre… On y arrive, mais ça demande pas mal d’investissement. Du coup, nous avons fait le choix d’impliquer les associations du quartier, pour qu’elles écrivent dans nos pages ", explique Frédéric Pelé. La collaboration permet tout à la fois de pallier le manque de rédacteurs, mais aussi de répondre à l’un des objectifs du journal : donner aux habitants les clés de la vie de " Quéli " verzan.

Vent nouveau
Dans ces pages, les infos pratiques n’ont pas la part belle. Les mini-reportages eux, sont en revanche à l’honneur, dans la droite logique d’une information qui donne du sens. Expliquer aux parents ce que peut donc être cette fameuse capoïera dont leurs enfants parlent, savoir comment fonctionne l’association d’accueil des sans-logis, ou pousser un coup de gueule sur la décoration des jardins : les thèmes sont appelés à se multiplier, en fonction du vécu de tous. " Par ici, on ne lit pas beaucoup les journaux, et pourtant les premiers numéros avaient été très bien accueillis. C’est aussi une façon de redonner envie de lire ", souligne l’animateur.

Aux quatre coins du quartier, les rédacteurs sont allés pêcher l’info insolite, incongrue, oubliée. De quoi renouer le lien avec la population d’ici, et pourquoi pas voir de nouvelles plumes venir souffler dans le Vent de Quéli...

 

Ponta s’écrit sans tabou
Lutter contre une image à la peau dure, l’ensevelir sous les mots et redonner sa chance à Pontanézen. Depuis 12 ans, Tous à Ponta action journal (Tapaj) réunit les plumes du quartier, pour donner à lire une actualité locale vierge de tout cliché.

Les futures plumes de Tapaj se retrouvaient souvent autour des rayons de la bibliothèque, pour se nourrir de mots romancés, de lignes d’actualité. Un moment de pause, pour s’échapper peut-être d’une réalité qui voulait qu’à Ponta, l’actualité, justement, ne faisait alors la une des journaux que pour de mauvaises raisons… " Il fallait redonner la parole aux gens, les mettre en valeur, et redonner une image positive à Ponta, au-delà des clichés ", rappelle Lucienne Cornec, actuelle rédactrice en chef de Tapaj, et membre fondatrice du journal.

Douze ans plus tard, l’aventure continue comme jamais. Les plumes ont changé, l’esprit est resté. " Nous avons été les premiers des journaux de quartier sur la ville. Tapaj s’est lancé dans le cadre du développement social des quartiers. Mais nous avons toujours été un journal d’habitants, pas un bulletin institutionnel ", tient à préciser Lucienne Cornec. Subventionné dans le cadre du contrat de ville, le journal tient donc à son indépendance éditoriale, clé de voûte indispensable à la participation des habitants, tant en matière d’écriture, que de lecture… " Au début, on en a retrouvés pas mal dans les poubelles ! Mais aujourd’hui, nous sommes reconnus pour ce que nous faisons ", sourit la rédactrice en chef.

" Classos "
Tapage, ta page, Tapaj… Chacun lit ce qu’il veut dans le titre de ce journal identitaire, où toutes les paroles ont droit de cité. Certes, un comité de rédaction, formé de six membres actifs, assure la ligne générale mais " l’essentiel est de donner la parole aux gens ".

Le bimestriel se fait le reflet de la vie à Ponta, le miroir de l’air du temps aussi. Dans chaque numéro, un dossier général étoffe les comptes rendus des événements qui ont ponctué les semaines passées. " Après l’incendie de la médiathèque, on en a parlé, évidemment ! Tapaj est là pour montrer ce qu’il se passe de positif, mais on ne fait pas dans l’angélisme ! "

Mélange hétéroclite d’info pratiques, de points de vue croisés, de reportages sur la " vraie " vie du quartier, Tapaj a su trouver son rythme, son public, son ton bien à lui. Distribué (2 500 exemplaires) dans les boîtes, le journal fait désormais partie de l’évidence. Meilleure preuve, le jugement d’un des ados d’ici : " Un journal de quartier… C’est classos ! " CQFD !
Dossier réalisé par Elisabeth Jard

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