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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Camaret, cité d’art et d’Histoire  

Il est des lieux, aux charmes envoûtants, qui portent l’empreinte de l’Histoire et qui ont su, au fil du temps et bien souvent contre vents et marées, conserver leur âme. Camaret (Kameled en breton) est de ceux là. Situé à l’extrême Ouest de la Presqu’île de Crozon, ce petit port arbore fièrement les vestiges d’un passé prestigieux. Un passé à la fois maritime et artistique, que l’on arpente en empruntant les nombreux sentiers côtiers ou en longeant les quais.

En témoigne la Chapelle Rocamadour. Se dressant sur le sillon et semblant veiller sur la commune, cette chapelle devrait son nom, selon certaines sources, aux pèlerins du célèbre sanctuaire du Quercy et aurait été érigée en 1 183 par les chanoines Hospitaliers de Saint-Augustin de Daoulas. Plusieurs fois reconstruite, notamment en 1910, elle se distingue, depuis, par sa charpente, en forme de coque de bateau.

A quelques mètres de la chapelle, la tour Vauban illustre un autre aspect de l’Histoire camarétoise. Conçu au xviie siècle, sous les conseils de Sébastien Le Prestre, seigneur de Vauban, cette tour, qui avait pour objectif de renforcer la défense du goulet de Brest, joua un rôle déterminant lors de la bataille de 1694, contre la flotte anglo-hollandaise. Ayant repoussé l’envahisseur, Camaret se vit alors décerner, par le roi, le titre prestigieux de gardien de l’Armorique (Custos orae Aremoricae), qui figure aujourd’hui encore sur les armes de la commune.

De la pêche à la plaisance
A l’image de nombreux ports bretons, Camaret peut s’enorgueillir d’un passé maritime riche et éloquent. Du XVIIe au xixe siècle, la pêche à la sardine, florissante, était en effet au cœur de la vie économique de la commune, durant la belle saison et ce, jusqu’à la crise qui vint secouer le secteur, au début des années 1900.

Contraints de se reconvertir, les camarétois partirent alors pêcher la langouste, au large de l’Espagne, du Portugal ou encore du Maroc. Ce changement de cap nécessita évidemment la construction d’un nouveau type d’embarcation et les chantiers navals locaux délaissèrent peu à peu les chaloupes creuses pour élaborer, dans un premier temps des sloops pontés à viviers, avant de donner naissance, en 1910, au fameux Dundee langoustier.

Camaret, la muse
Outre son patrimoine militaire et maritime, Camaret entretient depuis longtemps une relation privilégiée avec les artistes. Ecrivains, peintres, comédiens… Nombreux sont ceux, en effet, qui séjournèrent aux alentours du port courbe, y puisant souvent leur inspiration. Le plus célèbre d’entre eux est sans conteste Saint-Pol Roux, le poète d’origine marseillaise, qui, à partir de 1905, élut domicile dans le manoir du Boultous (qui sera rebaptisé Coecilian et dont on peut encore contempler les ruines, sur les dunes de Pen hat), dominant la plage du Toulinguet. L’auteur, précurseur du mouvement surréaliste, y écrivit quelques-unes unes de ses œuvres majeures, parmi lesquelles les Féeries intérieures, troisième tome des Reposoirs de la procession. Autre auteur de renom : le romancier Gustave Toudouze qui, dès 1886, s’attacha à la Presqu’île de Crozon et contribua, au gré de ses ouvrages, au rayonnement du port courbe auprès des cercles littéraires parisiens. Et que dire d’André Antoine, figure de proue du Théâtre Libre ou des peintres tels Charles Cottet, Georges Lacombe, ou encore Eugène Boudin, qui ont, à travers leur art, maintes fois rendu hommage à Camaret et dont les œuvres sont, désormais, exposées un peu partout en France et dans le monde.

Empreint d’art et d’histoire, le port est aujourd’hui devenu un haut lieu de la plaisance, très prisé par les marins finistériens et anglais. Ayant plus d’un atout en poche, le port courbe possède en outre plusieurs dizaines de kilomètres de sentiers et s’est imposé, aux yeux de nombreux randonneurs et amateurs de promenades, comme un site incontournable. De la pointe de Pen-Hir au fort du Gouin, en passant par le Sémaphore du Toulinguet, la plage du Veryac’h ou les alignements mégalithiques de Lagatjar, le littoral camarétois, qui a su préserver sa beauté sauvage, recèle des charmes, qui ne demandent qu’à être découverts. Alors à quoi bon résister…
Erwan Bargain

 

Pratique

Office du toursime : 02 98 27 93 60

A visiter :

La Tour Vauban, expostion " Camaret vu par les peintres ", jusqu’en septembre.

Musée du patrimoine, salle de Venise.

La place Saint-Thomas, quartier des artistes.

A voir :

Les différentes pointes (Toulinguet, Pen-Hir, Le Gouin…), le site mégalithique de Lagatjar, et les ruines du manoir de Saint-Pol-Roux.

A lire :

Camaret, cité d’artistes, de Jacqueline Duroc (édition Ursa/LE chasse marée).

Camaret, promenade dans le passé, de Marcel Burel.

Saint-Pol-Roux : Les féeries intérieures (3e tome des Reposoirs de la procession) (Rougerie), Idéoréalités (Rougerie), Cinéma Vivant (Rougerie).

Gustave Toudouze : Péri en mer, Le Reboutou, Le bateau des sorcières.

Musée du patrimoine
Ayant pour but la sauvegarde du patrimoine camarétois, l’association Nautisme, Art et Culture invite le public à se familiariser avec le passé du port courbe, à travers une formidable exposition, présentée salle de Venise. Inaugurée en 1989 et ne cessant depuis de s’enrichir, cette exposition, constituée de maquettes, de demi-coques, de photos, d’objets et d’outils traditionnels, dresse un large panorama de l’activité maritime de la commune, retraçant par-là même une partie de son Histoire. " L’exposition revient sur les grandes heures de la construction navale et de la pêche, et permet aux visiteurs de mieux appréhender la richesse du passé camarétois, explique Cécile Moisdon, responsable du musée. " A travers les objets et photos présentés, nous nous efforçons d’illustrer ce qu’était la vie des marins, à bord mais aussi à terre, de témoigner de l’évolution de la pêche, ou encore de montrer les techniques utilisées pour la construction des bateaux. " Rassemblées dans un espace réduit qui confère à l’endroit des allures de caverne d’Ali Baba, les centaines de pièces exposées permettent au public, quelque soit son âge, de remonter le temps et de plonger dans la mémoire camarétoise. " Nous proposons également durant l’année des visites pédagogiques à destinations des enfants et des écoles ", poursuit Cécile Moisdon. Une démarche qui, apparemment, porte ses fruits, plusieurs centaines d’enfants ayant d’ores et déjà visité l’exposition cette année.
E.B.

Musée du patrimoine, quai Kléber, à Camaret. Ouvert tous les jours de 14 à 18 h. Entrée : 3 euros (gratuit pour les moins de 12 ans).

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