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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Dépister le risque, pour éviter le danger

Dans les colonnes des faits divers des quotidiens, la maltraitance des enfants s’affiche régulièrement. Toujours plus atroce, toujours incompréhensible. Chaque année, 64.000 enfants seraient, en France, en " situation de risques " quand entre 400 et 700 meurent à la suite de sévices corporels. Pourquoi ? Les raisons sont aussi différentes que les situations qui entraînent un père ou une mère sur le chemin des coups, physiques ou psychologiques, portés à son enfant.
Face à ce fléau, des outils de lutte se mettent peu à peu en place. Ainsi, à la fin de l’année, un observatoire national contre la maltraitance devrait voir le jour. Objectif : centraliser les informations, les expériences, les vécus, les solutions des uns et des autres, pour que la prévention ne soit pas un vain mot.
Réunis à l’appel de l’antenne finistérienne de l’association française d’information et de recherche sur l’enfance maltraitée, une centaine de professionnels ont, la semaine passée à Brest, pu évoquer leurs pratiques en matière de prévention. Et faire le point sur les efforts qu’il reste à fournir pour voir un jour la maladie de la maltraitance enfin éradiquée.
Elisabeth Jard

Depuis dix ans, une cellule de prévention et d’orientation de la maltraitance sert de vigie, au CHU de Brest. Mêlant des intervenants du social et du médical, elle vise à une prise en charge enfin totale de cette souffrance parentale qui conduit trop souvent à la maltraitance.

En 2002, 129 fiches de liaison ont, par le biais des urgences pédiatriques, été adressées à la cellule d’accueil et d’orientation de la maltraitance du CHU de Brest. Une structure créée voici dix ans, et regroupant tous les corps de métiers qui, de près ou de loin, peuvent avoir un rôle à jouer dans la prévention. Objectif : prendre la mesure des diverses situations signalées, afin d’y appliquer la " solution " la plus adéquate.

Ecoute, aide matérielle, médicale, psychologique, sociale : emprisonnés dans un mal-être, les jeunes parents n’ont souvent besoin que d’un bras tendu pour ne pas sombrer dans la violence, ou tout au moins pour sortir de sa logique.

Cinq procédures judiciaires
Fort heureusement, la prévention est le plus souvent encore possible : " Sur tous les cas signalés, 68 % concernaient des enfants non pas en danger, mais à risques ", note le Professeur Alix, de la cellule de maltraitance. Sur 129 signalements, seuls cinq ont donné lieu à des procédures judiciaires. " L’environnement socio-économique est très révélateur. Problèmes de logement, familles monoparentales, chômage… Le risque peut-être dans un manque d’hygiène, des carences alimentaires, ou des violences conjugales. Il faut alors aller vers les parents, faire preuve d’une réelle empathie : il faut prendre en compte leur souffrance. Ce n’est pas de la compassion, juste une façon de leur faire comprendre que si nous intervenons, c’est pour leur bien ", souligne Sonia de Backer, assistante sociale au Centre hospitalier universitaire de Brest et partie prenante de la cellule.

Traiter le mal
Tous les 15 jours, ou en urgence, la cellule examine les fiches de liaison, pour tenter de prendre les choses en main avant qu’il ne soit trop tard. Les services sociaux peuvent alors prendre le relais, pour ouvrir des droits, trouver une assistante maternelle, ou simplement orienter vers une prise en charge psychologique. " La maltraitance ne peut que nous déchirer. Parce qu’il y a souffrance des enfants… Mais il faut contenir le conflit, ne surtout pas entrer en guerre contre les parents. Beaucoup sont déjà connus des services sociaux, et il faut chercher à comprendre pourquoi ", insiste Sonia de Backer. Sans quoi, comme dans une maladie, on traitera les symptômes, sans endiguer le mal…
E.J.

 

Prévention

Changer les pratiques

Ouvrir le cercle de la prévention. Prendre en compte la douleur des parents, pour éviter la souffrance des enfants. Pour mieux prévenir la maltraitance, les professionnels de la santé comme du social doivent de plus en plus travailler main dans la main.

" Il est indispensable de travailler tous ensemble, de l’anté-natal à l’après-grossesse, pour porter ces familles vulnérables, et prévenir ainsi la maltraitance ", souligne le Docteur Molinat, pédopsychiatre à l’hôpital de Montpellier et chargée de mission auprès du ministère des Affaires sociales.

Un raisonnement logique, vis-à-vis de jeunes parents que l’on dit démissionnaires, mais qui ne sont souvent qu’isolés, perdus. " Envoyer directement une jeune maman voir un psychiatre, c’est déjà démissionnaire de notre part ! Il lui sera peut-être plus facile de parler à son médecin traitant, en qui elle a confiance, ou encore à la travailleuse sociale qui vient la voir tous les jours. Sinon, c’est l’engrenage, la panique, et peut-être la maltraitance. "

Dans quelques semaines, le Docteur Molinat présentera ses recommandations, issues d’une année de travail, au ministère : " Il faut réussir à appuyer sur les ressorts qui bloquent le système. Décloisonner, travailler enfin en réseau, depuis le gynécologue ou la sage-femme jusqu’au médecin traitant. Ce n’est pas une question de moyens : en changeant nos modes de fonctionnement, on peut faire beaucoup ".

Eviter les situations extrêmes
D’ores et déjà, la chaîne de la prévention fonctionne, avec notamment l’action des PMI* : " L’essentiel est de pouvoir intervenir tôt, dès la déclaration de grossesse ", explique le Docteur Le Gouil, médecin responsable PMI au Conseil général. " Parfois, une à deux visites suffisent. Mais souvent, nous nous heurtons à un tout, avec des difficultés sociales : là, nous devenons le pivot d’un dispositif général de prévention. Il faut savoir apporter un appui, quel que soit le problème, pour éviter ces situations extrêmes qui conduisent au placement. "

Reste que l’action des PMI ne peut se faire qu’avec l’accord des parents, donc quand un lien de confiance est déjà établi : " De toute façon, nous sommes dans la priser de risques : faut-il laisser un enfant à sa mère ? On ne peut pas toujours faire appel au placement. En sachant pourtant que nous ne sommes pas derrière eux 24 heures sur 24. " La plus récente actualité l’a cruellement rappelé.
E.J.
*Protection maternelle et infantile.



Connaître Aide et Action

Une réunion d’information sur l’activité Aide et Action se tiendra samedi 23 octobre, à 16 h, à l’Espace Associatif de Quimper (53, Impasse de l’Odet).

Robert Hardy, parrain et bénévole de l’association, viendra parler du voyages d’études qu’il a réalisé en Guinée avec d’autres membres de l’association en décembre dernier.

Depuis 22 ans, Aide et Action, association française, apolitique et non confessionnelle, agit pour permettre à des enfants de pays en développement l’accès à l’éducation de base par le biais du parrainage, avec des réponses adaptées en matière d’éducation.

Le parrainage permet également des actions dans le domaine de la formation des enseignants, la construction d’écoles, l’animation d’activités éducatives et la concrétisation de projets au sein des communautés villageoises dans divers domaines. Toutes ces actions se font en concertation avec les autorités locales et dans le respect des cultures.

L’association intervient dans douze pays : Bénin, Burkina-Faso, Guinée, Madagascar, Niger, Rwanda, Sénégal, Tanzanie, Togo, Haïti, Inde et Cambodge.

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