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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Guissény, au cœur du pays pagan
Pour le touriste de passage en Nord-Finistère, une halte à Guissény s’impose. La commune, située au cœur du pays pagan, est un lieu de rencontre privilégié entre la terre et la mer.

Guissény. Sur une carte, la commune se trouve entre celles de Plouguerneau et de Kerlouan. C’est le pays " pagan " (païen), une sorte d’enclave longtemps à l’écart des voies de communications qui traversaient le Léon. Ici, on est assez loin de Brest. Suffisamment en tout cas pour que subsiste un vrai esprit de village. Mais un esprit indéfinissable, celui de tous les bourgs du bord de mer. Quelque chose de complexe, une alchimie inédite.

C’est sans doute à cause de son histoire et de ses traditions, comme le chant ou la danse que Guissény attire. Ce qui frappe, c’est la couleur du sable. Ici, il est plus blanc qu’ailleurs, il fait briller les chardons. Comme la mer est turquoise au premier rayon de soleil, on se demande toujours où l’on est. Ce qui étonne ensuite, c’est le vent : il souffle souvent. Et violemment.

Les habitants ? À l’origine des paysans qui pêchaient. Encore une particularité ! Ici la mer rentre dans les terres. Quelquefois, il faut l’arrêter, comme le fait la digue du Curnic, et protéger les champs en créant des marais. Alors forcément, les gens sont difficiles à cerner : ils regardent vers l’intérieur des terres et respirent tous les jours la mer. Le symbole, ce serait la rupture : le village se cache des autres bourgades de l’intérieur des terres grâce à une sorte de falaise. Un surplomb qui l’abrite du vent quand celui-ci vient du Sud. Ce qui est plutôt rare.

La commune s’appuie sur sa diversité : de la grande plage du Vougot à la rivière qui marque la frontière avec Kerlouan, de la ferme de Keralloret au centre nautique du Curnic, il n’y a rien de commun. Si ce n’est le sable, qui partout s’incruste dans le goudron de la route. Et les croix et les calvaires, très présents. Sans doute pour faire mentir ce nom sauvage de " pays pagan ". Il faut rentrer dans le village, se promener dans ses ruelles bordées de belles maisons en pierre. Il faut aussi photographier les rochers qui se dressent hors du sable. Guissény est à la fois rude et doux, maritime et rural, accueillant et renfermé. Mais aussi vraiment attachant.
Ronan Le Coz

 


Du bourg à la grève du Vougot
Une idée de promenade pour découvrir la commune de Guissény, de la plage aux champs.

Place de la mairie, un petit parking en bordure de la route principale permet de se garer facilement : ce sera le lieu de départ. En face du parking, une rue bordée de maisons typiques descend vers la rivière, en passant devant la salle communale et ses terrains de tennis. Un peu plus loin, nous arrivons devant une longue plage traversée par une rivière. En face, les premières maisons de Kerlouan.

Le chemin part dans les dunes, il faut laisser sur la droite le calvaire. C’est le début du sentier côtier proprement dit. Nous ne le quitterons plus jusqu’à la grève du Vougot. Les criques se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Le sentier longe des propriétés entourées de pins. Au bout d’une grosse demi-heure, c’est la digue du Curnic. L’ouvrage est impressionnant. À droite la mer, à gauche les marais. La digue fait bien cinq cents mètres.

En continuant tout droit, on arrive au centre nautique de Guissény, avec sa longue jetée qui mène jusqu’à un petit îlot. Après le centre nautique, il faut marcher le long de la grève du Vougot, une grande plage de sable blanc. C’est la seule où l’on peut apercevoir le phare de l’île Vierge, l’un des plus hauts d’Europe. Il se trouve sur la commune voisine de Plouguerneau.

Pour rentrer jusqu’à la mairie, nous traversons une zone naturelle protégée. Celle-ci se trouve de l’autre côté de la digue du Curnic. Parmi les roseaux, on peut apercevoir des canards et des cygnes, à dix mètres à peine de la mer ! Le chemin, tout droit, parcours la campagne de Guissény. Il longe les champs, passe près des hameaux, tous plus charmants les uns que les autres. Retour sur le bitume pour effectuer le dernier kilomètre qui nous ramène jusqu’à la mairie en traversant le bourg et ses rues étroites.

Un pays de tradition
Le pays pagan a su conserver ses traditions de chants et de danses.

Tout le monde connaît le " kabig ", ce vêtement à capuche, bien pratique pour se prémunir contre le climat océanique. Il est né ici, en pays pagan. À l’origine, il s’agit d’une pièce du costume traditionnel des pêcheurs locaux. C’est la tradition populaire la plus connue à l’extérieur des frontières de ce terroir. Mais au-delà de cet exemple, le pays pagan est une zone extrêmement intéressante à découvrir pour les amoureux de patrimoine vivant. Il y a le costume traditionnel du pays, bien sûr, mais aussi le chant et surtout la danse.

Pour découvrir la " dañs round ", la danse du pays pagan, rien ne vaut les fêtes de l’été : le pardon de Brendaouez ou le 15 août au centre nautique du Curnic. En effet, les anciens ont pour habitude de s’y retrouver. La " dañs round " est l’une des danses traditionnelles bretonnes les plus fascinantes. D’abord parce qu’elle n’a jamais vraiment disparu, et ensuite parce qu’elle ne ressemble en rien à ce qui peut exister par ailleurs.

Elle se déroule tout le temps de la même façon : la ronde, immobile, attend le signal du départ. " Unan, daou, tri, a-gleiz ! " (un, deux, trois, gauche !) lance le meneur. Toute la ronde s’ébranle lentement. Puis le meneur commence à chanter et tous les danseurs lui répondent. Quand le premier chant est fini, un autre danseur prend le relais et ainsi de suite. Le groupe a ses propres règles : chacun a sa chanson et le fait de piquer celle d’un autre est un vrai manque de savoir-vivre ! La danse est ici un véritable prétexte pour chanter : il s’agit avant tout de mieux écouter les chansons de ses partenaires. Pour découvrir le cœur du pays pagan, rien de tel que de s’immiscer dans une " dañs round " avec les anciens du village.
R.L.C.

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