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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Kanabeach

A contre-courant

C’est le signe de ralliement muet de toute une tribu

de jeunes urbains européens. Virevoltant au détour d’un tee-shirt à l’humour décalé, d’une robe destructurée ou d’une combinaison de surf, deux petites lettres suffisent. KB, pour Kanabeach ou la botte secrète d’une marque finistérienne et cosmopolite jusqu’au bout des coutures.

 

Prendre la bonne vague, y croire, la travailler au corps, et monter avec elle vers les plus hauts sommets. La saga Kanabeach, l’une des marques de prêt-à-porter les plus prisées de toute une génération de jeunes urbains européens, pourrait se résumer ainsi. A ceci prêt qu’en matière de création d’entreprise, le rêve éveillé n’a pas sa place : avant de capturer l’ivresse absolue du succès, la petite entreprise de Plouzané créée par Frédéric Alégoët, a dû affronter tempêtes et vents contraires en pagaille. Une bataille qui dure depuis dix-neuf ans, jamais acquise, mais dont les résultats en laissent plus d’un pantois.

 

15 % de croissance annuelle

À ce jour, la « petite boîte » finistérienne séduit dans l’Europe entière, à travers 700 magasins, et affiche sans gloriole un chiffre d’affaires en progression moyenne de 15 % par an. Sur les trois dernières années, une cinquantaine d’emplois ont été créés, et l’entreprise entend continuer sur un rythme annuel de 12 à 15 embauches. Une success story improbable il y a encore dix ans, mais dans laquelle le Finistérien qui l’a initiée semble ne jamais avoir cessé de croire. Têtu Breton et bonne pioche…

Décalée à souhait, identifiable et identifiée au premier coup d’œil, la marque de fabrique des vêtements Kanabeach n’a plus rien à prouver aux pontes de la mode. Son univers s’est imposé, seul, sans bruit, comme son surfeur de créateur l’a sans doute tant de fois rêvé, en partant à l’assaut des vagues finistériennes. « Kanabeach, ce n’est pas un concept génial, c’est un produit. Quelque chose de très simple en apparence, mais il a fallu une bonne dose de courage pour l’imposer à une époque où beaucoup s’en amusaient », rappelle Jean-Marc Niwinsky, directeur général de la société, à Plouzané.

Le succès n’est pas monté à la tête des chevilles ouvrières de Kanabeach. Le siège social de ce qui devenu l’un des porte-drapeaux de la mode urbaine est depuis la genèse resté accroché à son rocher, à quelques kilomètres de Brest, à quelques courants d’air des spots de surf qui ont inspiré à Frédéric Alégoët les premières notes de son « Chant du voyage » (Kana Beac’h, en breton), voici vingt ans. « À l’époque, lui et ses deux associés voulaient promouvoir le surf ici, alors qu’il y était encore très peu pratiqué. Ils ont commencé, dans leur cave, par imaginer des T shirts, sérigraphiés, qui correspondaient à leur état d’esprit », précise Jean-Marc Niwinsky. Très vite, la chanson se décline sous les couleurs pétaradantes et les motifs psychédéliques de vêtements que les surfeurs bretons s’arrachent, avant que leurs homologues basques eux-mêmes ne craquent.

 

Une dream team la tête sur les épaules

Mais l’histoire de Kanabeach s’apparentera plus à la course de fond qu’au sprint. Et sans doute seul un sportif avait-il assez de souffle pour tenir la distance, face à un univers de paillettes, mais sans le moindre état d’âme. Des années durant, les lignes de Kanabeach s’en tiendront au réseau de la glisse bretonne et masculine. « Le côté très décalé, très original, plaisait. Mais il a aussi failli nous desservir : beaucoup se contentaient alors de prendre quelques pièces, pour amuser la galerie dans la vitrine ! », reconnaît Jean-Marc Niwinsky.

Le salut viendra par ces dames : en 1994, la marque des surfeurs se lance dans le prêt-à-porter féminin. Le succès est fulgurant, à la mesure de la petite révolution que la marque souffle sur les portants de vêtements. Sans renoncer d’une once à ses fondamentaux, oscillant entre l’originalité revendiquée des coupes, l’humour vif des logos et l’incontournable clin d’œil breton, Kanabeach se trace un sillon ravageur à travers les rayons d’une mode aseptisée aux uniformes tristes.

Désormais solidement assise, l’entreprise n’est pourtant pas prête à se reposer sur ses lauriers. Le renom de la marque, qui revendique « le plus grand fan-club de France dans le domaine », repose sur une certaine aptitude à prendre les choses à la légère… Avec le plus grand sérieux. Car si les logos, les slogans d’autodérision assumée ou les décors de boutiques loufoques (pour la plupart imaginés et créés à la menuiserie maison de Plouzané) font partie de l’identité historique de la tribu Kanabeach, la jolie histoire de jeunes créatifs auxquels tout réussit se justifie surtout par une philosophie maison qui n’a rien de l’amateurisme. Derrière les pirouettes stylistiques, la fourmilière à idées de Kanabeach garde la tête sur les épaules. Et affirme cultiver l’ambition à l’échelle du raisonnable. Ce qui n’empêche pas la dream team des créateurs de multiplier les audaces qui font la force de la marque, « avec une vraie liberté, un esprit qui nous est propre et qui séduit notre clientèle par son authenticité. Mais les choses sont désormais plus cadrées, pour nous permettre de nous développer au mieux », pose Jean-Marc Niwinsky.

 

Cosmopolitains

Déclinés en collections ciblées suivant les âges, et les typologies de clientèles (urbaine comme à destination des sportifs de la glisse), les deux collections annuelles de la marque trouvent un écho toujours un peu plus large. Aussi bien d’ailleurs en termes de géographie (des points de vente pourraient apparaître en Suède, ainsi qu’à Londres à moyen terme, puis aux Etats-Unis), que de générations. Car si les ados et jeunes adultes demeurent le cœur de cible, la porte s’ouvre aussi de plus en plus à leurs aînés : « Nous comptons deux jeunes fidèles de 70 ans, pour notre boutique de Rennes »…

Mais à gravir les marches du succès quatre par quatre, les sympathiques bretons ne risquent-ils pas, comme tant d’autres, d’être victimes de l’ivresse du pouvoir ? L’hypothèse parvient à provoquer un frisson dans le dos du très posé directeur général : « Ici, on ne dépense pas plus que ce que l’on gagne. Notre développement vient répondre à la demande d’une clientèle séduite par l’authenticité et l’originalité de nos produits, par le sérieux que l’on nous reconnaît désormais. Nous sommes ambitieux, mais pas à tout prix », martèle-t-il. Qu’on se le dise : à Paris, Londres et pourquoi pas un jour New York, le Chant du Voyage a encore quelques jolis couplets à écrire.

Élisabeth Jard

 

 

De Plouzané à Bidart

Basé à Plouzané, le siège social de l’entreprise emploie une cinquantaine de personnes. Le vaste bâtiment de 6 000 m2 constitue la plaque tournante des deux collections annuelles, et aura vu l’an dernier passer quelque 730 000 pièces à destination des boutiques de France et d’Europe. C’est également ici que nombre de pièces sont sérigraphiées. Pour les incontournables de la marque, mais également pour de nombreuses entreprises (400 clients extérieurs), qui font appel au savoir-faire de Kanabeach en la matière. Les services administratifs, ainsi que les commerciaux et le service de contrôle qualité des modèles complètent les troupes. C’est enfin ici que sera, à terme, ouvert le musée Kanabeach : Frédéric Alégoët a en effet conservé un exemplaire de chacun des modèles créés depuis le début, et entend les faire revivre ici, « histoire de rappeler le développement stylistique de la marque ».

L’entreprise a en revanche choisi l’expatriation pour ses créateurs, une équipe cosmopolite de six stylistes, qui s’inspirent pour leurs créations de l’air de la Mecque du surf : Bidart.

 

 

Une marque qui chiffre

  • SAS au capital de 352 000 euros.
  • Chiffre d’affaires 2005 : 16,5 millions d’euros. Objectif 2006 : 20 millions.
  • Activité à l’international : 10 %.
  • Production 2005 : 730 000 pièces (sans compter la production livrée directement au Canada depuis l’Asie).
  • Points de vente en France : 700.
  • Points de vente à l’étranger : 200.
  • Nombre de salariés : 90.
  • Moyenne d’âge dans l’entreprise : 30 ans.
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