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Le Port-musée double sa voilure
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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Le Port-musée double sa voilure

Expositions de moyenne durée, nouvelle muséographie, scénographie moderne, le musée douarneniste est devenu un modèle. Il a désormais tout pour attirer un large public.

 

Le Port-musée de Douarnenez est un grand musée d’ethnologie. La directrice des musées de France, Mme Mariani-Ducray en est convaincue. Un musée des hommes à « la conception scientifique et culturelle remarquable ». Pour les « officiels » présents lors de la réouverture du musée après plusieurs mois de travaux, la métamorphose est exemplaire. « Cet équipement a vocation à être un modèle, il montre comment faire pour aller chercher d’autres publics, rendre la culture abordable par tous », s’est enthousiasmée Armelle Huruguen, vice-présidente du Conseil général chargée des affaires culturelles. « Ce musée abrite la première collection maritime de France, il accueille du théâtre, du cinéma, des concerts, a une partie à flot, sa politique d’exposition est riche et originale, le travail entrepris par le conservateur, Pascal Aumasson, et son équipe est exemplaire », a insisté Mme Mariani-Ducray. Une belle reconnaissance pour un musée longtemps au creux de la vague. Aujourd’hui, le Port-musée a tout pour attirer un large public qui le fréquente assidûment depuis deux ans. Visite de ce musée « remarquable et exemplaire. »

 

Pousser les murs

Qu’est-ce qui a changé au Port-musée ? Tout ou presque. L’entrée d’abord, commune avec la médiathèque qui ouvrira en novembre prochain. Les portes coulissantes passées, le visiteur arrive dans un grand hall aux lignes pures où dominent le bois et le béton. Équipé d’un audio-guide, délivré gratuitement ce qui est suffisamment rare pour être signalé, le visiteur débouche sur une nouvelle salle. Plongée dans le noir, elle met en scène le port du Rosmeur. Au fond une grande maquette du port au début du siècle dernier. Il y a les quais et les centaines de chaloupes sardinières. Dans une vitrine, le squelette d’une chaloupe de 1910 trouvé à Plomodiern. Huit points majeurs de l’épave sont successivement éclairés pendant qu’une voix explique son histoire. Son, vidéo et multimédia sont des éléments essentiels de la nouvelle muséographie.

L’étape suivante invite au voyage. Posés sur le sol ou suspendus par des fils invisibles : des bateaux. En paille, en peau, taillé dans le bois… Frêles esquifs comme sortis d’un autre temps. Pourtant ces bateaux aux allures primitives sont plus jeunes que le navire de pêche des années 60 qui se cache derrière la cloison suivante, témoin des débuts de la motorisation sur les quais douarnenistes. Étonnant ! Sur les multiples écrans de la pièce des films expliquent la construction de ces petites embarcations, leur navigation, la vie des hommes à leur bord. C’est passionnant, simple, bien fait. Pour ceux qui aiment les explications scientifiques, des plaquettes très pointues sont à disposition dans des bancs coffres. Le conservateur a pensé à tout et à tous.

Salle suivante (l’ancien hall d’entrée) des bateaux dit de belle plaisance, racés, beaux, chics. Il y a Vagabonde III, un bateau pliable. Si, si pliable. Fragile, cette embarcation de plaisance a fait de véritables expéditions à travers l’Europe, ce qui semble proprement incroyable. Au fond de l’espace, avant d’attaquer les escaliers, trône Ar Spinec, caseyeur de l’île de Sein construit sur l’île. À l’étage, une magnifique salle d’exposition avec des bateaux présentés sous voile, dans leur intégrité pour reprendre les mots de Pascal Aumasson. Dans un coin, un écran d’ordinateur permet de comprendre la navigation au vent, c’est ludique et instructif. Dans une travée, des grandes caisses de bois transformées en vitrine. À l'intérieur des objets qui racontent, chacun à leur manière, des histoires de marin, comme ce cœur rouge sur le cordage d’un sac qui évoque, on suppose, une fiancée. Exposition temporaire de courte durée qui laissera la place cet hiver et l’été prochain à d’autres aventures maritimes.

En poussant les murs, en agrandissant l’espace (50 % consacrés aux expositions permanentes, 50 % à des expositions temporaires de moyenne durée, deux à trois ans) le musée a pu mettre en scène la superbe exposition L’art de fixer les saisons qui retrace l’histoire de la conserverie.

 

L’art de fixer les saisons

Une exposition où on entre en passant une immense boîte de sardine. Œuvre du collectif Rouille-george qui signe une superbe scénographie. La boîte franchie, le visiteur arrive dans un couloir où est inscrit le nom de dizaines de conserveurs. Dans les vitrines, des objets évoquent le poisson, sa commercialisation (factures, publicité…), l’histoire des conserveries… Sur les murs des photos d’ouvrières, sur un écran télé un film sur l’étêtage de la sardine. Plus loin un bureau directorial, sur les murs d’une longue coursive des visages anonymes de sardinières, certaines en coiffe, d’autres en jean, l’exposition balaie large.

Dans la pièce suivante des « machines » : autoclaves, presses… Sur une table des paniers en osiers, des grilles à sardine et encore un film qui explique le travail à l’usine. À l’audio-guide des commentaires d’ouvrières, de marins, d’historiens… Au mur des photos encore et encore. Dans les vitrines des boîtes de sardines, de toutes tailles, tous calibres… Et puis un camion chargé de caisses en boîtes et en carton, pour marquer l’évolution. Un drapeau de la CGT, une bannière des Enfants de Marie. Des chants religieux, des airs révolutionnaires et à l’audio-guide toujours des témoignages.

Dans une pièce voisine, un écran vidéo passe en boucle le film des élèves des classes bilingues de Pouldavid, 1er prix du concours Quêteurs de mémoire. Les enfants questionnent d’anciennes sardinières sur leur métier, ils parcourent la ville sur les traces d’anciennes conserveries, matérialisées plus loin sur une grande maquette lumineuse de la ville. C’est passionnant, le temps manque, il faudra revenir pour tout voir, comprendre… Une visite indispensable, vraiment.

Françoise Join

 

Le musée est ouvert tous les jours en été, de 10 h à 19 h. Forfait musée, exposition et bateaux en plein air 6,20 euros et 3,80 euros ; visite intérieur et exposition 5 euros et 3 euros ; visite des bateaux en plein air seuls 4 euros. Possibilité de cartes d’abonnement valable un an.

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