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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Le Conquet

Un avant-goût d’océan
Un bout du monde, il n’y a pas plus au bout. Au bout du monde, au bout de la terre, au bout du bout. Mais au tout début de l’océan.Une position stratégique qui fait, aujourd’hui, de la petite ville du Conquet une cité balnéaire des plus prisées.

Il y a la face hiver et la face été. Le côté breton pure souche, entre bourrasques de crachin salé et mer démontée. Et le versant nouvel Eden pour vacanciers en mal d’authenticité, d’un brin de fraîcheur et d’un poil d’espace. Pour cet été 2003, Le Conquet a opté pour la tenue de saison : ciel bleu azur, criques assorties… Et foule des grands jours. " On n’avait pas vu ça depuis Brest 2000 ! Tout est complet, même le camping ", souffle l’une des hôtesses de l’office du tourisme de la petite commune du Nord-Finistère.

Cette année restera donc sans doute dans les annales de la ville. " Ça n’arrête pas. En hiver, nous sommes à 2 441 habitants, et là, nous serons sûrement proches des 20 000 ! ", assure la responsable de l’office. Une affluence propre à faire ressurgir les souvenirs d’un lointain passé, dont les traces subsistent ici et là, au détour des solides bâtisses moyenâgeuses qui composent le tableau si particulier du décor conquétois.

Grandeur et décadence
Au fil des rues, point besoin d’être devin pour imaginer ce que fut la vie d’ici au temps de la prospérité. A chaque coin de rue, les indices fleurissent sur ce passé doré, sur cette " belle époque " où Le Conquet comptait parmi les riches cités de la région. Du centre au vieux port, les honorables pierres, qui ont survécu aux outrages des ans, dominent le bitume de leur haute stature, comme pour mieux imposer le respect aux visiteurs d’aujourd’hui.

Encore faut-il bien vouloir ouvrir l’œil, s’attacher aux moindres détails, prendre le temps de se perdre. Alors seulement, l’imagination, et quelques repères d’histoire en plus, actionnent la machine à remonter le temps. Premier arrêt sur l’an 1370, du côté du port. Le Conquet est alors promise au plus beau des avenirs. Sa position géographique, aux portes de l’Atlantique et non loin des eaux de la Manche en a déjà fait un carrefour maritime européen, où transitent les marchandises de toute l’Europe. La cité peuplée de marins et de riches armateurs connaît ses plus belles heures… Elle va pourtant très vite s’effondrer par là où elle a réussi : la mer.

Jusqu’au XVIe siècle, la ville subit ainsi les assauts répétés des troupes anglaises, prêtes à tout pour la conquête de la " petite Bretagne ". L’attaque finale, en 1558, sera presque fatale : pillée de toutes parts, saccagée et incendiée dans sa quasi-totalité, la belle n’est plus que l’ombre d’elle-même.



La mer pour unique amer

Le temps et la ténacité de ses hommes effaceront cependant ces cicatrices, pour redonner à la ville les atours du succès. Dès le XVIIe siècle, Le Conquet a, en grande partie, reconstruit son image. Le port est à nouveau vivant, ses ateliers de cartographie marine sont célèbres dans l’Europe tout entière, l’horizon est à nouveau dégagé. Suivront les pêcheurs de langouste de Paimpol qui, trouvant dans les cales du petit port un asile à leurs casiers, amèneront avec eux une manne appréciable.

Sur les quais du port du XXIe siècle, les langoustes se font plus rares dans les cales des navires qui, soir et matin, jouent le ballet de la pêche quotidienne. Sous l’œil intéressé des touristes en attente d’une navette pour les îles, mousses et capitaines déchargent lottes, raies, turbots et crustacés tout frais pêchés. La flottille de pêche d’aujourd’hui ne compte plus qu’une trentaine de navires, mais permet encore aux Conquétois de figurer parmi les premiers pêcheurs de crustacés en France. Pas si mal pour un " hameau " de moins de 3 000 habitants…

" Il n’y a pas que les îles "
De l’autre côté de la barrière, au propre comme au figuré, le quai conquétois a depuis des années trouvé une autre voie : celle du tourisme. En ce mardi après-midi du mois d’août, le parking de l’embarcadère pour Ouessant et Molène n’est pas près de désemplir. Des lueurs du petit matin aux derniers rayons du soir, les navires des compagnies maritimes font la chaîne vers les îles, sans relâche. Du passage, certes, mais une fréquentation qui n’est pas anodine pour la commune. " Les gens qui viennent de loin dorment ici la veille de l’embarquement, ainsi qu’au retour. Et puis, il n’y a pas que les îles ", fait-on remarquer à l’office du tourisme.

Les visiteurs n’ont pas attendu pour aller musarder dans les alentours. Le long de la ria, véritable " niche " ornithologique, les passionnés de nature ne semblent pas se lasser de guetter le spécimen rare, visiblement peu impressionnés par le passage des adeptes du farniente qui, empruntant la passerelle du Croaë, vont bon train vers le sable chaud des Blancs Sablons, de l’autre côté de l’aber. A moins que certains ne bifurquent vers la presqu’île de Kermorvan, pointe de nature protégée, accessible aux seuls chercheurs de vraie tranquillité.

Côté ville, les amateurs de parcours historique ne sont pas en reste.

Embarcadère pour la magie
Depuis cette année, un parcours balisé permet de recomposer l’histoire locale, de rues en rues, de bâtisses en chapelles. Le périple, entre deux constructions contemporaines, est étonnant. De l’ancienne gare où le tram déposait les Brestois au début du siècle dernier, à la chapelle qui vit mourir Michel Le Nobletz (évangélisateur breton), en passant par les maisons des armateurs, la rue des anciens chais ou la place du marché d’autrefois (et d’aujourd’hui), la ville se livre sous toutes ses coutures.

Revers de la médaille : une ville de 2 400 habitants qui peut voir sa population multiplier par vingt en été. C’est le prix à payer, et il n’est pas bien cher… Car, une fois les grandes foules des mois d’été reparties vers leurs quotidiens, Le Conquet retrouve son âme sauvage. Celle des matins de brume où les silhouettes des navires s’effacent comme par magie, pour mieux revenir, au soir, les cales remplies de la pêche du jour. Celle des balades ventées le long d’un sentier côtier où les herbes folles retrouvent un peu de leur liberté chérie. Celle d’un lieu tout au bout de nulle part qui a su s’ériger en embarcadère pour la magie…
Elisabeth Jard

 

Echappée belle à St Mathieu

La tentation est grande, le long du sentier côtier qui lézarde au gré de la côte déchirée, de ne pas s’arrêter à la frontière du Conquet. Car, très vite, pointe à l’horizon la silhouette d’une mystérieuse sentinelle : la pointe Saint Mathieu. Situé sur la commune de Plougonvelin, le site (à 4 kilomètres du Conquet) surplombe l’océan au point le plus occidental du continent européen.

Posée sur les hauteurs de la falaise, les ruines de l’ancienne abbaye (dont la fondation remonterait au VIe siècle) imposent leur majesté, face à un panorama unique. De toutes parts, l’océan s’étale, laissant, au gré des brumes et des beaux jours, apercevoir les îles de la mer d’Iroise comme le lointain paysage de la baie de Douarnenez ou de la pointe du Raz.

Au cœur de l’abbaye, un passage sous les immenses voûtes s’impose. Avant une petite incursion au musée, ou une visite (payante) du phare, automatisé depuis 1995.

Ensuite, libre à chacun de s’aventurer le long des falaises, pour des heures de marche iodée, ou des après-midi de sieste bercés du murmure de l’océan…

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