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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Le Guilvinec, la pêche au coeur
Vivant au rythme des marées, le premier port français de pêche fraîche, témoigne du dynamisme de la filière pêche en Bretagne.

Quelle que soit l’heure, il y a toujours beaucoup d’activité sur le port du Guilvinec. Sur le quai d’Estienne-d’Orves, les entreprises de mareyage se succèdent. Les camions sont chargés ; ils prendront la route dans quelques instants. Plus loin, des pêcheurs enlèvent à plusieurs les derniers nœuds dans leurs filets. Ici, il n’y a pratiquement aucun temps mort dans la journée : les criées débutent dès l’aurore. La dernière a lieu en fin d’après-midi. Pour voir le port sous son plus bel aspect, il faut se frayer un chemin jusqu’aux quais. Des bateaux déchargent leur pêche dans de larges caisses remplies de glace. En fin d’après-midi vers 17 h, d’autres bateaux colorés rentreront. En attendant, Haliotika permet de se plonger dans le monde de la pêche d’une autre manière. L’entrée par une terrasse panoramique offre un point de vue très prisé sur le port. A droite, le môle n’a été construit qu’en 1896 pour servir d’abri et protéger les bateaux de la houle. Les années suivantes, une digue et un quai ont été érigés. Le phare, à l’extrémité sud, a été construit bien plus tard, en 1922. Auparavant, le débarquement des poissons se faisait directement à la cale.

La vente n’attend pas
En prenant la direction de Penmarc’h, le registre est complètement différent. Un muret, composé de gros galets de granit prélevés sur la grève, permet aux habitants de se protéger contre les vents dominants d’ouest et du sud ouest. Pourtant, il se révèle insuffisant lorsque les grandes marées coïncident avec une tempête. Au bout, la plage de la grève blanche avec le centre nautique à son extrémité ouest, est un lieu tranquille pour se détendre. Après une balade au bord de la plage, pourquoi ne pas en profiter pour visiter la chapelle Saint-Tremeur, un peu plus au nord ? Dans ce cas, ne manquez pas la statue du saint qui tient sa tête coupée entre ses mains. La légende raconte qu’il a été décapité par son père, furieux d’avoir été battu au jeu de la soule. Mais miraculeusement, saint Tremeur a ramassé sa tête et la porte désormais à la main ! Un petit escalier permet aussi de monter jusqu’au clocher. D’autres vestiges souvent discrets de l’architecture romane sont répartis dans la commune. Le pigeonnier du manoir de Kergoz et le menhir de Lanvar méritent le détour. Ce dernier date de 3 000 avant J.-C. et devait indiquer un point d’eau.

Mais il est déjà près de 17 h. A vélo ou à pied, il est temps de revenir vers la zone portuaire pour faire la visite de la criée organisée par Haliotika. Car la pêche n’est pas tout. Le poisson doit encore être acheminé jusqu’à son point de vente. Au Guilvinec, la vente aux enchères du poisson est désormais informatisée. Les mareyeurs sont constamment en contact avec leurs plus gros clients et leurs patrons qui les tiennent au courant des cours du marché. Ils doivent réagir vite, en un clic : la vente n’attend pas. Dehors, il est déjà possible d’acheter du poisson frais à l’étalage. Rompant avec l’effervescence du port, le cimetière de bateaux, à droite en empruntant l’avenue de la République vers Pont-l’Abbé comprend une trentaine de bateaux des années 20-30. Enfoncés dans la vase, ce sont pour la plupart des malamoks, des bateaux de pêche à la sardine ou au maquereau des années 30-40 qui ont chaluté jusqu’en 1960.
Dorothée Doublet


" Haliotika n’est pas un musée "

Haliotika et ses 730 m2 d’exposition, est à la mesure du premier port de pêche artisanal français et du troisième de France. " Plutôt qu’un musée, explique Anna Beyou, chargée de communication. Haliotika est un espace qui permet la découverte interactive et ludique de la pêche en mer bigoudène. Notre objectif est de coller à la réalité des marins pêcheurs et de la pêche. " Des vidéos, des mises en ambiance ou des maquettes permettent aux visiteurs de comprendre la vie quotidienne des pêcheurs grâce à plusieurs angles d’approche : la législation européenne, les armements, le rôle des mareyeurs, les techniques de pêche…

Avec des jeux de l’oie et d’interprétation, les plus jeunes sont directement mis en situation. La maquette d’un chalut montre les efforts réalisés pour sélectionner les plus grosses langoustines. Un film de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer permet à chacun de s’imaginer sur un chalutier grâce à des lunettes pour voir en trois dimensions. Par ailleurs, Haliotika organise la visite de la criée du Guilvinec et propose des activités dans la commune tout au long de la semaine. " On vit au rythme de la pêche. L’exposition participe aussi au développement local, à la valorisation d’une activité qui représente presque une monoculture ici. " Anna Beyou n’a qu’un seul regret : " les Quimpérois ne viennent pas chez nous. Peut-être parce qu’il n’y a pas de retour de bateaux le week-end… "
D.D.

Ouvert du lundi au vendredi de 14 h 30 à 19 h. Le dimanche et jours fériés de 15 h à 18 h 30. Atelier " cuisine de la mer ", atelier 7/12 ans, visite guidée de la zone portuaire, pêche à pieds, sortie découverte des algues, embarquement sur chalutier. Rens. au 02 98 58 28 38.

Les algues mises en boîte
Marin-pêcheur, Scarlette Le Corre utilise une partie de sa pêche pour faire des conserves de poissons et fabriquer des produits alimentaires aux algues.

Le caractère bien trempé de Scarlette Le Corre lui a bien servi dans le cadre de son activité professionnelle. A 18 ans, elle quitte l’école quelques mois avant le bac pour travailler à l’usine. Elle suit une formation d’esthéticienne mais le virus de la mer est plus fort et en 1983, elle choisit d’être marin-pêcheur. En 1986, elle achète son premier bateau Jean-Pierre pour pêcher des algues. Deux ans plus tard, elle acquiert le fileyeur Mon copain J.P. Entre la mi-avril et la fin septembre, Scarlette Le Corre passe tout son temps en mer. " Je navigue seule, entre 10 et 12 heures par jour ", observe-t-elle. Elle relève " tout ce qui rapporte une plus-value " : surtout des soles et des rougets barbets mais aussi du bar de ligne, des vieilles, des tacauds, des lieux jaunes, du homard et des étrilles. " Mais depuis une dizaine d’années, remarque Scarlette Le Corre, les petits poissons ne se vendent plus, car les mareyeurs préfèrent acheter ces poissons à d’autres pays comme l’Afrique ou aujourd’hui l’Irlande. " Après avoir obtenu un brevet professionnel agricole et maritime, option productions aquacoles au Cempama à Beg Meil, elle se lance aussi en 1992 dans la culture d’algues. Sur ses quatre hectares de concession en mer, elle produit aujourd’hui dix tonnes de wakamé, une algue aux grandes qualités nutritives, originaire du Japon. " Dans cette algue, par exemple, il y a 13 fois le calcium contenu dans du lait à quantité égale. C’est un ingrédient directement assimilable qui nettoie l’organisme et qui est donc très utile pour les fumeurs ", précise-t-elle. Aujourd’hui, pour s’occuper de la pêche, de la vente, de la culture d’algues et de la fabrication de ses produits, Scarlette Le Corre emploie quatre jeunes gens de la région. Participant à de nombreux salons gastronomiques entre novembre et mars, elle vend ses produits dans la France entière.

Démonstrations culinaires
Scarlette Le Corre se définit comme " artisan, pêcheur, algoculteur, mareyeur, transformateur, conserveur ". Elle continue de développer son activité. Après l’achat en juin dernier du Kandiraton, un bateau de 7 m 40 pour la pêche à la ligne, elle s’est installée dans un nouvel atelier plus grand au Guilvinec. " Au total, avec mon exploitation, je fais le chiffre d’affaires d’un gros chalutier ", s’enorgueillit-elle. Après un accord conclu récemment avec des commerçants chinois, elle ne cache pas son enthousiasme : " il y a au Guilvinec les algues les meilleures au monde parce qu’elles ne sont pas polluées. " Sans compter le wakamé qu’elle cultive, Scarlette Le Corre récolte quatre autres algues utiles pour ses préparations culinaires (conserves artisanales de poissons et algues marines de Bretagne) : la laitue de mer (ulve), la dulse (palmaria), la porphyra (nori) et les spaghettis de mer (himanthalia). Soucieuse de faire découvrir les richesses de la mer, elle accueille des passagers sur son bateau. " Je leur montre comment on pose, relève et démaille un filet. " Grand maître de la confrérie des saveurs de l’océan atlantique, elle propose aussi des démonstrations culinaires gratuitement sur inscriptions : " je ne fais pas de la cuisine gastronomique. Ma cuisine est simple. Je montre le b.a.-ba de ce que l’on peut faire. Après, c’est à l’ingéniosité de chacun de jouer. "
D.D.

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