Nous écrire Liens Annonces judiciaires & légales Appels d'offres Accueil
> ENQUETE D'EMPLOI
> ENTREPRISES
> ECONOMIE
> AGRICULTURE
> PECHE
> CULTURE
> MER ET LITTORAL
> INSTITUTIONS
> UN BOUT DU MONDE
Pointe du Raz
Le Cap Sizun
Bénodet
Port-la-Forêt
Pouldreuzic
Le Guilvinec
Quimperlé
Pont-Aven
Beg-Meil
Port-Launay
Ile de Sein
Douarnenez
Camaret
L'Aven
L'Aulne
De Bertheaume à Saint-Mathieu
Plouescat
Locquirec
Plougastel-Daoulas
Saint-Thégonnec
Guissény
Le Drennec
Saint-Pol de Léon
Roscoff
Hanvec
Le Conquet
Brasparts
> VILLES
> PORTRAITS
> FAITS DE SOCIETE
> SUPPLEMENTS
> ABONNEZ-VOUS !
IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
> Accueil > UN BOUT DU MONDE > Plougastel-Daoulas

Plougastel-Daoulas : tranquille presqu’île
Le plaisir des papilles, celui des yeux et de l’odorat… Plougastel-Daoulas est une presqu’île qui ravit tous nos sens.

Plougastel-Daoulas est un carrefour en Cornouaille. Tout est là pour nous en persuader. Sa devise d’abord : sur terre et sur mer, " War zouar ha war vor ". Bordée par l’estuaire de l’Elorn au nord et l’anse de Daoulas au sud, la commune n’appartient ni totalement à la mer, ni totalement à la terre. D’ailleurs, auparavant, les Plougastels cultivaient leurs terres pendant l’été et se consacraient à la pêche aux coquilles Saint-Jacques, aux saumons ou aux huîtres l’hiver. Le réseau en étoile des routes renforce encore cette impression de carrefour.

A partir du centre-ville, des routes mènent directement aux ports : Tinduff, Lauberlac’h et son ambiance conviviale, Porsguen, minuscule avec une plage baignée par le soleil le soir. Dans le centre-ville, la place du calvaire, très accessible, attire tous les regards avec l’église Saint-Pierre et le grand calvaire, récemment rénové. C’est un lieu de rencontre surtout les jours de marché. Un peu plus haut, dans le musée de la fraise et du patrimoine, on découvre une presqu’île dynamique et moderne, fière de son histoire et respectueuse de ses traditions.

En s’éloignant du centre par l’une des routes qui mènent à la côte, la sérénité des lieux frappe immédiatement. La mer se rapproche, et l’atmosphère s’en ressent déjà. Emprunter un sentier discret donne l’impression de faire une intrusion en plein cœur de la nature. Bien sûr, des tomates ou des fraises sont cultivées sous serres. Mais, la végétation foisonne tout autour : le fameux terroir de Plougastel, qui donne ce goût exceptionnel aux fraises, affleure… Et puis, un calvaire simple et majestueux surgit à un croisement… Ou une des huit chapelles qui sont dispersées dans la presqu’île. La Fontaine blanche, Sainte-Christine, Sainte-Claude, elles étaient sur la carte, mais leur apparition surprend toujours un peu. Reposantes et silencieuses, elles sont un havre de paix.

Déjà, le souffle marin commence à se faire sentir. La route se rétrécit et plonge vers la mer. Au bout, sur la côte, les petits ports colorés sont ravissants. Des artistes à la terrasse du café, qui viennent dans l’espoir de trouver l’inspiration, côtoient des promeneurs de passage.

A Porsguen, la vue est imprenable. En face, la presqu’île de Crozon est visible. Mais pour balayer toute la rade de Brest d’un seul coup d’œil, il vaut mieux rejoindre le panorama de Kerdeniel, plus à l’ouest. Là, la mer s’étend à perte de vue. Les ducs d’Albe sont deux fortifications en pleine mer qui devaient abriter le cuirassé Bismarck avant que les Anglais ne le coulent pendant la Seconde Guerre mondiale. Un fort Vauban et l’île longue, qui abrite la force nucléaire française marquent aussi les vestiges du passé. A deux pas, un sentier démarre de la pointe de l’Armorique. Il longe la mer de très près et surplombe toutes les petites criques de la côte, souvent peu connues. Il se termine sur la grève du port Caro, où se réfugient souvent des cygnes. En face, au loin, Brest et ses industries appartiennent vraiment à un autre monde…

 

Cap sur la fraise
Aujourd’hui, la production de fraises à Plougastel-Daoulas est loin de représenter celle des années 20. Pourtant, la qualité gustative du fruit rouge s’est perpétuée.

Plus qu’à la culture des tomates sous serres ou à l’horticulture, Plougastel-Daoulas doit sa renommée à la fraisiculture. Les mardis et jeudis, une " route de la fraise " de trois heures est organisée. Le visiteur peut rencontrer des producteurs de fraises, bio, indépendants ou en coopérative et participer à des dégustations. Du 1er mai à la mi-octobre, il est même possible de participer à une cueillette de fraises (ou de framboises) dans la ferme de Madeleine et Pierre Rolland. Depuis quinze ans, ce couple vend environ la moitié de sa production sur place, sous forme de fruits frais ou en confiture.

La fraise de Plougastel :un croisement réussi
La propriété située à Loperhet accueille les visiteurs : " c’est tellement plus sympa de venir cueillir les fraises soi-même. Ici, elles sont fruitées, la gariguette surtout ", témoigne une habituée. Pour Madeleine Rolland, la fraise de Plougastel est unique : " les producteurs privilégient la qualité gustative au rendement. Par rapport à des régions comme l’Anjou ou le Languedoc par exemple, il y a vraiment une différence ".

L’introduction de la fraise à Plougastel relèverait du hasard. Au XVIIIe siècle, Amédé-François Frezier, amiral du roi, s’intéresse à la botanique. De retour d’un voyage au Chili, il rapporte des fraises blanches, qui, croisées avec des fraises des bois, ont donné naissance aux fraises de Plougastel. Toute l’histoire de la fraisiculture, depuis ces événements jusqu’à nos jours, est rappelée au Musée de la fraise et du patrimoine. Tous les modes de culture et de consommation y sont décrits. Aujourd’hui, le principal atout de la région est son climat doux. En revanche, le morcellement des exploitations est un handicap.

On apprend aussi que la fraise est tonique, antistress, peu calorique et qu’elle contient beaucoup de vitamines et minéraux. Trempée dans du vin ou du champagne pendant une demi-heure, elle serait même un remède contre l’urticaire… Le musée consacre une salle aux huit chapelles de la presqu’île et, jusqu’au 3 octobre, à l’histoire de l’enclos paroissial. Les ponts de l’Iroise et de Plougastel et la cérémonie traditionnelle de l’arbre à pommes, unique en Bretagne, sont évoqués. Enfin, une galerie des costumes de 1820 à 1860 achève cette excursion au sein du patrimoine culturel local.
D.D.


Les 400 ans du grand calvaire

Le grand calvaire de l’église Saint-Pierre, qui vient juste d’être rénové, fête ses 400 ans du 7 au 15 août.

Le grand calvaire de l’église Saint-Pierre de Plougastel-Daoulas présente en 28 scènes la vie du Christ. Avec ses 182 statues, il est le plus grand de Bretagne. En 1598, un tiers de la population de la presqu’île meurt victime de la peste. Les survivants décident de construire ce calvaire en ex-voto, pour remercier Dieu. Ce qui explique la présence de Saint-Roch, le saint des pestiférés. Ce monument est constitué de la pierre des carrières de Logonna, qui permet une taille très fine et durcit avec le temps.

Le calvaire retrouve son charme d’antan
Achevé à la fin du XVIIe siècle, l’enclos paroissial est composé d’une petite église dédiée à Saint-Paul et Saint-Pierre, un ossuaire, deux petits calvaires, un presbytère et un arc de triomphe. Seul le calvaire a survécu. En 1845, des travaux de rénovation sont engagés. Les statues sont nettoyées et retrouvent la couleur naturelle de la pierre. En 1870, la commune décide d’agrandir l’église et réaménage l’enclos, en rasant l’ancienne église. Endommagé par des obus en août 1944, le calvaire est partiellement restauré par John Millet, sculpteur connu pour ses travaux sur la cathédrale de Reims en 1918. Les fonds sont récoltés par John Davis Skilton, un lieutenant américain.

Sur le calvaire, l’ordre chronologique n’est pas respecté et les personnages présentent des traits caractéristiques des Bretons. Par exemple, Joseph porte un chapeau breton dans la scène de la fuite en Egypte. La façade est consacrée à la naissance du Christ, celle du nord présente les scènes douloureuses de sa vie, la cène et le lavement des pieds occupent la façade sud. La façade ouest montre la crucifixion. L’édifice est surmonté de trois croix.

Cette année, à nouveau, des travaux de restauration ont été effectués. Des impacts de balles ont été volontairement laissés dans la pierre pour rappeler les dommages subis pendant la Seconde Guerre mondiale et cette fois, c’est la pierre de kersanton noire d’origine qui a été employée. Les statues ont toutes été démontées pour être traitées. Le calvaire a retrouvé sa finesse d’origine, alors que les festivités pour ses 400 ans vont débuter.
Dorothée Doublet

Droits de reproduction et de diffusion réservés © HEBDOMADAIRE DU FINISTERE 2004
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnait avoir pris connaissance de la licence de droit d'usage,
en accepter et en respecter les conditions.
Conception et réalisation : Equilibre communication
Support technique : Webgazelle