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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Jean-Pierre Riou

L’essence des sens

 

Sillonnant depuis près de vingt ans,

les routes de France et de Navarre, Jean-Pierre Riou est avec son complice Jean-Michel Moal

une figure emblématique de la scène musicale finistérienne.

 

Aussi uni qu’un couple de sonneurs, Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal ont, avec Penfleps, tout d’abord puis aujourd’hui avec Red Cardell, posé leur empreinte sur la musique bretonne au point de devenir des références incontournables pour de nombreux groupes de la région. Un statut qui n’est en rien usurpé et qui couronne au contraire une carrière exemplaire et passionnée. « Je me suis frotté à la musique dès mon plus jeune âge car mes frères, qui étaient plus vieux que moi, écoutaient du rock’n’roll et jouaient chacun d’un instrument, explique Jean-Pierre Riou. Puis, vers 8 ou 9 ans, j’ai découvert la musique bretonne et le son de la bombarde en particulier qui, comme beaucoup, m’a fasciné. J’ai alors commencé à apprendre la flûte avant de me mettre vers 13-14 an, à la guitare et de jouer du rock. J’ai ensuite monté un premier groupe au lycée avec des copains et j’y ai pris goût. Aussi, comme je n’aimais pas trop l’école et que je n’avais qu’une idée en tête, à savoir monter sur scène, j’ai arrêté mes études pour me lancer dans la musique. »

 

En 1986, il fonde avec trois amis les Karroth Rapée, une formation rock (à laquelle se joindra par la suite le guitariste Jacques Pellen) qui pendant trois ans écume les bars de Bretagne. « C’est à l’époque des Karroth Rapée que nous avons eu l’idée, avec Jean-Jacques Baillard, de monter Penfleps et que j’ai rencontré Jean-Michel Moal. Entre nous, le courant est aussitôt passé. Nous avons donc commencé à jouer ensemble et ça a fonctionné. Nous avons fait notre premier concert avec Penfleps en avril 1990 puis les choses se sont rapidement enchaînées et nous avons alors participé à des festivals comme le Printemps de Bourges, les Transmusicales ou encore Le Tamaris. »

 

Des bars au théâtre de Cornouaille

En dépit du succès rencontré par Penfleps, le groupe se sépare en 1992. N’étant pas hommes à se laisser abattre, Jean-Pierre Riou et Jean-Michel Moal décident alors de se lancer dans une nouvelle aventure et créent Red Cardell. La suite, tout le monde la connaît, le groupe étant devenu, au fil des concerts et des albums, l’un des combos les plus originaux de la région. « Si nous appartenons à un courant, c’est celui de la musique bretonne, car chaque mélodie de Red Cardell s’inspire de cette musique », analyse l’artiste qui entretient avec sa terre natale une relation quasi viscérale. « Vivre en Bretagne me nourrit et il est important pour moi d’être ici. Je ne vois pas où je pourrais vivre autrement ». Se remettant continuellement en question, Jean-Pierre Riou, après vingt ans de carrière, poursuit son bonhomme de chemin avec la même passion et multiplie les projets à l’image de la création qu’il s’apprête à présenter, avec Red Cardell, au théâtre Max Jacob, à Quimper.

« Habitués de la scène et des concerts, nous souhaitions, avec Jean-Michel et Manu (ndr : Manu Masko, batteur de la formation) créer un spectacle original, autour des thèmes de la transmission et du sens et ayant pour fil conducteur, le bal et la danse. En mars 2004, nous avons proposé cette idée à l’équipe du théâtre de Cornouaille, qui nous a aussitôt fait confiance et soutenus pour cette création, mariant musique, vidéo et accessoires et qui conte l’histoire d’un individu de sa naissance à l’âge adulte, et ce à travers des modes de transmission culturels et sociaux. » À partir de décembre 2004, le trio entame alors un travail de longue haleine. Trois à quatre jours par mois, Jean-Pierre Riou et ses acolytes s’enferment dans l’Atelier du théâtre de Cornouaille et écrivent sur place textes et musiques, tout en enregistrant les différentes répétitions. « Très vite, pendant ces enregistrements, nous avons senti le besoin de faire appel à des musiciens additionnels, affirme Jean-Pierre Riou, le premier invité fut, ainsi, dès le mois de juin 2005, le multi-instrumentiste Pierre Sangra, dont le violon, la mandoline, le oud et l’ukulélé ont apporté une couleur chaleureuse, un décor aux structures rythmiques et mélodiques que nous avions déjà enregistrées. » Emballée par cette collaboration, la formation continue sur sa lancée et, après une tournée en Ukraine, riche en rencontres et en découvertes, s’ouvre à la musique traditionnelle des pays de l’Est. En novembre 2005, les trois compères s’envolent ainsi pour Kiev où ils enregistrent, en compagnie d’artistes ukrainiens, quelques morceaux, avant de revenir en France, afin d’apporter (entourés de nouveaux invités) la touche finale à leur spectacle et à leur album. Sorti chez Keltia Musique, le disque, qui est disponible depuis dix jours dans les bacs, s’impose comme l’un des meilleurs, à ce jour, de Red Cardell (avec 3, distribué par le défunt label N-less music) et confirme la singularité du trio finistérien. « Cette création n’est pas un aboutissement pour le groupe mais plutôt une forme de reconnaissance, car nous avons beaucoup produit depuis une quinzaine d’années et cette confiance que nous a accordée la Scène nationale de Quimper, nous rassure un petit peu et nous « tire » vers demain. »

 

Tourné vers l’avenir

Mise en scène par Jean Beaucé et présentée du 9 au 11 mars au théâtre Max Jacob, cette création marque un tournant dans la carrière de Red Cardell. « Le thème de la transmission nous est cher car il illustre de manière humaine, l’évolution du monde à travers les sens, tels que l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher… Dans notre musique, cette idée se traduit par notre volonté de rechercher les points de connections entre les autres cultures et la nôtre, héritée du lieu où nous vivons. Car la transmission se joue au présent ! » Galvanisé par cette expérience, le groupe nourrit désormais de nouvelles ambitions, à commencer par une grande tournée et la réalisation d’un film sur le spectacle. Des projets qui, cependant, ne montent pas à la tête  de Jean-Pierre Riou, dont la passion, après deux décennies passées à arpenter les scènes européennes, reste intacte. « Quand je regarde en arrière, je me dis que le temps passe très vite. J’ai l’impression en effet, d’avoir commencé hier, alors que cela fait bientôt vingt ans que je fais ce métier. J’ai fait plein de choses durant ces deux dernières décennies, et, même si j’ai fait des erreurs, je trouve cela très positif. Et puis, qui sait, on peut encore avec Red Cardell, écrire La Belle Chanson, celle qui va marcher même si notre objectif est et restera avant tout de continuer à prendre du plaisir à ce que l’on fait et à en donner public. » Une démarche à la fois humble et sincère qui n’est évidemment pas étrangère à la longévité de Red Cardell.

Erwan Bargain

 

Red Cardell fait son bal  jeudi 9 mars, à 19 h 30, vendredi 10 mars, à 20h30 et samedi 11 mars, à 21 h 30, au Théâtre Max Jacob, à Quimper. Tarifs : de 7 à 22 euros.

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