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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Saint-Pol, la belle des champs
Ville historique du nord-Finistère, Saint-Pol de Léon offre à ses hôtes la magie de sa côte, le prestige de son patrimoine et le dynamisme de son économie légumière.
En arrivant à St-Pol, une image a valeur de symbole : trois clochers gothiques dominent la campagne d’artichauts et de choux-fleurs. La flèche de la chapelle du Kreisker et surtout celles de la cathédrale rappellent que la ville fut un évêché jusqu’à la Révolution. Les activités agricoles marquent depuis longtemps la vie quotidienne des habitants de la capitale de la " ceinture dorée. "

Attiré par les embruns, l’estivant poursuit jusqu’aux plages. Surveillée par les CRS, celle de Ste-Anne est la plus fréquentée. Dotée de piscines d’eau de mer, d’un radeau bien arrimé et d’un plongeoir élevé, elle fait la joie des petits et des grands. Après le bain, quoi de plus agréable que de se sécher de l’autre côté de la digue, à l’abri du vent ! Au bout de cette Groue, la Couëtte de Plume est un lieu de pique-nique convoité. Le long de la côte, le sentier de randonnée permet d’admirer le spectacle magique de la Manche capricieuse, de Roscoff à la pointe de Primel. En baie de Pempoul, dériveurs et planches à voile quittent le Centre nautique pour le large.

Les jours de grande marée, l’estran de Trégondern s’emplit d’étonnants quêteurs. Armés d’un seau, d’un rateau et de sel fin, ils s’en vont taquiner le couteau, la coque et le bigorneau. Saint-politaine de toujours, Madeleine a ses coins à palourdes, assez rares par ici. " Même s’il faut marcher trente minutes les pieds dans la vase ! " précise-t-elle. Aux néophytes, elle explique la technique de la pêche au couteau, qui, trompé par une pincée de sel, sort de son trou en pensant que la marée remonte ! Sur le marché, les pêcheurs professionnels font aussi le bonheur de leurs clients en poisson frais et crevettes de la baie.

Rassasié de fruits de mer, le visiteur découvre le patrimoine de la cité léonarde. Au hasard des ruelles, il débusque d’imposantes maisons de granit de tradition classique et une de bois, d’inspiration médiévale. Rehaussées de lucarnes pittoresques, les façades sont parfois flanquées d’une échauguette d’angle et de gargouilles dignes de la science-fiction. A la Maison Prébendale, le gisant en pierre d’un chevalier n’a plus de nez " tellement les jeunes filles l’ont transpercé d’aiguilles pour savoir si elles allaient se marier… " raconte Sterenn Guivarc’h, la jeune guide.

Construite du XIIIe au XVIe sur les vestiges d’un édifice roman, la cathédrale témoigne de l’influence de l’art normand sur l’architecture bretonne. Dans une chapelle, elle présente " l’enfeu des crânes ", une vraie curiosité. Trente-cinq boîtes ajourées renferment des crânes de l’ancien cimetière ! Roi des clochers bretons avec ses 78 mètres de haut, le Kreisker a été érigé aux XIVe et XVe siècles et a servi de chapelle au Collège privé. Après avoir gravi ses 172 marches, les mains contre la balustrade de granit verdi et granuleux, les courageux aperçoivent par temps clair le quart de la campagne du Léon.

Car St-Pol demeure avant tout une terre de production légumière. Pour partager ce savoir-faire, vingt entreprises de maraîchage, d’horticulture et de recherche ouvrent leurs portes pendant l’été. Lors de ces visites, l’office du tourisme précise que la ville et sa proche région cultivent une gamme de vingt-cinq légumes, exportés dans toute l’Europe. Capitale de l’artichaut et du chou-fleur français, St-Pol a également conquis le premier rang des centres horticoles de l’hexagone, avec 30 millions de fleurs coupées. Précurseurs en France dans les modes de commercialisation des légumes, les Léonards ont crée dans les années 60 à St-Pol la SICA (Société d’initiative et de coopération agricole), aujourd’hui le premier groupement français de producteurs de légumes et de fleurs. Sous le label " Prince de Bretagne ", il est même à l’origine d’une route touristique et gastronomique menant de St-Malo à Brest.
Jacques Perrot



Quand l’histoire rejoint la légende…

Au VIe siècle, le moine gallois Pol Aurélien traversa la Manche et devint l’évangélisateur du Léon. Le Comte de cette région d’Armorique, Withur, lui parla d’un dragon à l’île de Batz qui terrorisait le voisinage. Le futur Saint Pol mit son étole au cou du monstre et le conduisit comme un chien en laisse jusqu’à la mer où le serpent disparut. En remerciement, Withur donna à Pol un vaste territoire, avec pour centre la ville d’Occismor (l’actuelle St-Pol) où il fonda l’évêché.

La vocation épiscopale marqua la ville de son empreinte. Le dernier évêque, Mgr de la Marche, fut surnommé " Eskop ar patates ", l’évêque aux pommes de terre pour avoir testé chez lui puis encouragé cette nouvelle culture au XVIIIe siècle. Réfractaire au serment constitutionnel imposé à tous les prêtres par la Révolution française, il fut caché par les fidèles mais dut se réfugier en Angleterre. En 1790, le siège de St-Pol est rattaché à celui de Quimper, entraînant une perte de vitalité. Avec la production et la commercialisation des primeurs, la ville a retrouvé un nouveau souffle.
J.P.

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