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IMPRIMER Dernière mise à jour: 18/11/2011
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Saint-Thégonnec, le bel art de vivre
À travers champs, la commune livre tous ses secrets, dans le silence.

La commune de Saint-Thégonnec a une forme de triangle très allongé. Elle s’étire sur 14 km entre deux rivières, la Penzé et le Coatoulzac’h. Au nord se trouve la baie de Morlaix, au sud les Monts d’Arrée. Ici, l’économie se confond souvent avec l’agriculture. Les paysages le traduisent avec les élevages porcins, bovins, la culture de céréales (seigle et froment) et de légumes. L’entreprise de chaudières Géminox, un des plus importants employeurs de la région de Morlaix, est la seule exception. Il n’y a pas si longtemps, le dur labeur des champs était le quotidien de la plupart.

Un calvaire étonnant
La religion a occupé une place centrale dans la commune, comme l’Église aujourd’hui encore. Avec son clocher monumental visible de très loin, elle concentre tous les regards. Plus discrets, de très nombreux calvaires sont répartis dans la commune. Celui de Luzec, en particulier, est très étonnant. Son socle n’a pas la forme habituelle d’un massif bloc de granit de Kersanton. À la place, quatre pieds donnent l’impression que le calvaire est surélevé.

Flâner partout
Le plaisir consiste à se laisser gagner par l’atmosphère de sérénité qui se dégage des paysages ruraux. Pour cela, rien de mieux qu’un chemin. Depuis 1989, l’association Saint-Thégonnec, patrimoine vivant s’occupe de restaurer tout le petit patrimoine de la commune laissé à l’abandon. Sept ponts ont d’abord été restaurés au début des années 90, dont le Pont Hir, dont la voûte approche les 100 mètres de long.

Puis quatre " kanndi " (buanderie pour le travail du lin) ont été remis en état sur les 98 recensés. Le dernier, celui de Pen ar Park a nécessité pour les bénévoles 700 heures de travail en 2001 et 2002. Aidée par la commune, l’association a assaini ce qui ressemblait plus à un énorme buisson qu’à une buanderie. Désormais, le " kanndi ", meublé, a repris son aspect d’origine. " On est une bande de copains. On connaît presque tous les métiers : menuiserie, charpenterie, etc., et on est peut-être un peu chauvin… On prend beaucoup de plaisir à remettre ce petit patrimoine en état ", explique Marcel Messager, le président.

Pour que tous puissent l’admirer à leur guise, l’association a tracé un certain nombre de sentiers sur les terrains en friche de la commune. D’ores et déjà, les trois chemins de Kerincuff, de Kerdro (sentier botanique) et du Pont Hir, d’une dizaine de kilomètres chacun, permettent aux visiteurs de marcher quelques heures à travers champs. Le plus facile est de flâner et d’en choisir un sur son chemin au gré de sa fantaisie. Au passage, de magnifiques chênes, ormes, châtaigniers, érables ou aubépines abritent peut-être une chouette hulotte ou un héron cendré…
Dorothée Doublet

 

La mémoire des " Julots "
La richesse de la commune trouve son origine dans la culture du lin.

À Saint-Thégonnec, les paysans qui ont prospéré grâce à l’élevage chevalin puis au commerce du lin s’appellent les " Julots ". La culture de lin est contraignante. En une année, les sols cultivés s’appauvrissent. Il leur faut presque dix ans pour retrouver leur richesse naturelle. Le lin provient de pays froids. À partir du XVIe siècle, les Léonards sont donc allés chercher de nouvelles graines chaque année dans la mer Baltique pour améliorer les rendements.

La première étape était de laisser rouir la paille de lin pour prendre le fil qu’elle contenait. Ce dernier, presque brun à l’état naturel, était blanchi dans des buanderies appelées " kanndi " en breton, situées près d’une source. Il était lavé une heure avec de la cendre de hêtre dans une grande auge. Une autre, plus petite, recueillait en dessous la cendre usagée qui servait d’engrais. Cette opération était renouvelée huit fois dans la journée puis sept fois à quinze jours d’intervalle avant que le lin soit parfaitement propre… Les métiers à tisser transformaient ensuite le fil en toile dans les manufactures.

Le Léon s’est considérablement développé entre le XVe et le XVIIIe siècle grâce à la vente de toiles de lin et de chanvre. Celles-ci étaient achetées par les Anglais, Espagnols, Hollandais et Portugais pour approvisionner l’Amérique du sud notamment, où le climat est chaud et humide. Entre 1660 et 1680, la commune a compté 5 000 à 6 000 tisserands. En 1687, Colbert ferme le marché anglais et la production de lin dans le pays du Léon s’écroule définitivement. La dernière usine à lin a fermé en 1952. Les " kanndi " sont utilisés pour laver le linge puis abandonnés.
D.D.

 


Le plus abouti des enclos léonards

Saint-Thégonnec abrite l’une des plus belles églises du Finistère.

Le prochain Tro Menez Are aura lieu le 5 mai 2005. Saint-Thégonnec est une étape incontournable. L’enclos paroissial, sous les patronages de saint Thégonnec et Notre-Dame de Vrai-Secours, est le plus complet du pays léonard et le dernier en date. Sa construction a débuté au XVIe siècle. Jusqu’au XVIIIe siècle, Saint-Thégonnec était très prospère grâce à la vente du lin. À cette époque, l’enclos a été agrandi à plusieurs reprises.

Le porche de l’enclos est magnifique. En dessous, les quatre apôtres Jacques, Thomas, Pierre et Jean montrent le chemin vers l’église. Cette dernière est dotée d’un clocher monumental. Celui-ci a été édifié en 1599 en complément de celui de 1563 à sa droite, pour pouvoir rivaliser avec l’église de Pleyben. Le calvaire, dressé en 1610, est l’un des derniers édifiés en Bretagne de cette taille. Ses statuettes ont passé la période révolutionnaire cachées par les habitants. À l’intérieur, l’orgue et la chaire à prêcher, sculptée dans le chêne, sont très richement décorés conformément au style baroque. Cette dernière est en cours de restauration. À gauche en entrant, l’ossuaire transformé en chapelle, qui date de 1676, est un remarquable ouvrage d’art de la Renaissance bretonne. Une dizaine de personnages en bois polychrome grandeur nature compose la mise au tombeau dans l’ossuaire. Grâce aux récentes réfections, les dégâts du terrible incendie qui avait détruit l’église, le 8 juin 1998, ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Des photos de cet événement sont exposées dans l’église qui a été magnifiquement restaurée.
Rens : 02 98 79 67 80.
D.D.

 

Le cerf de saint Thégonnec

La légende raconte que saint Thégonnec a vécu au VIe siècle. Gallois d’origine, il avait apprivoisé un cerf. Pour construire son église, le saint lui faisait tirer une charrette chargée de pierres. Mais un jour l’animal s’est fait dévorer par un loup. Grondé sévèrement par le saint, le loup a finalement accepté de tirer la charrette à son tour. Aujourd’hui, le saint bâtisseur est encore invoqué pour préserver les récoltes, guérir les fièvres et les morsures de vipères.
D.D.

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